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Así va la vida en Zaragoza

Lundi 26 octobre 2009
Non, rassurez-vous, je n'ai pas troqué ma craie et ma calculatrice pour un fusil et un pantalon camouflage, je n'ai pas déménagé dans le Bouchonnois et je ne chasse pas la galinette cendrée.
Mais ça ne m'a pas empêchée de suivre le sentier des chasseurs (La senda de los cazadores), dans le parc national d'Ordesa dans les Pyrénées, dimanche dernier.

On avait un mariage à Aínsa le samedi, du coup on avait prévu d'aller faire une petite balade le lendemain. Vu mon état au réveil à 9h le dimanche matin (oui oui, à 9h !!!), j'étais bizarrement beaucoup moins motivée.
La tête qui tourne, les pieds qui ont du mal à suivre les ordres de mon cerveau (qui, d'ailleurs, n'avait plus beaucoup de neurones en fonctionnement), les marches de l'escalier qui bougent toutes seules... toutes les conditions étaient réunies pour me faire rester au lit toute la journée.
Mais je suis en grande phase de transformation et je commence à apprécier le sport, alors j'ai pris mon courage à deux pieds et je suis montée dans la voiture en direction d'Ordesa.

Ordesa c'est l'équivalent espagnol du Parc National des Pyrénées. Le fameux Monte Perdido, le cañon de Añisclo, la vallée de Pineta entre autres, en font partie. Ça se situe juste de l'autre côté de Gavarnie.

Alors là nous avons trois fammeux sommets d'Ordesa :
A gauche : el Cilindro de Marboré (3328 m)
Au milieu : el Monte Perdido (3355 m)
A droite : el
Pico de Añisclo
, aussi appelé Soum de Ramond (3263 m)

C'est un parc national qui mérite bien son titre de noblesse : des paysages spectaculaires partout où on regarde. Et en automne en particulier, c'est intéressant de faire un petit détour pour s'en approcher : il y a tellement d'arbres de toutes les couleurs qu'on se croirait... heu ben je sais pas où en fait, mais on s'y croirait.



Une des promenades les plus connues du parc d'Ordesa est celle de la Cola de Caballo : une balade de 9km aller et 9km retour (et oui, quand même), 600m de dénivelé en tout, le long d'une rivière, jusqu'au fond de la vallée où on arrive à une grande cascade appelée la Cola de Caballo parce qu'elle ressemble à une queue  (cola) de (de) cheval (caballo), ils sont pas allés chercher bien loin.

Vu qu'on connaissait tous les deux cette balade (et que, il faut le dire, elle est réservée aux promeneurs du dimanche et moi maintenant j'ai changé de catégorie quand même), nous avons pris une autre option : même destination, mais par un autre chemin. Au lieu d'aller à la cascade par en bas, nous sommes passés par en haut.
Le gros changement c'est qu'au lieu de se cogner les 600m de grimpette au long des 9km (plutôt pépère comme truc), on se met dans les pattes 700m de montée dès le début sans avancer d'un seul mètre. Résultat : 1h30 à grimper sans s'arrêter, et tout ça en parlant (je vous avais dit que j'avais changé de catégorie, avant quand je montais je soufflais comme une malade et je ne pouvais pas aligner 2 mots...).
La belle surprise une fois arrivés en haut ? Je vous la montre dans les photos qui suivent...

Tout en bas, on voit le parking où on a laissé la voiture...

Bobby, frais comme une rose même après l'effort surhumain qu'on venait de faire. Ça m'énerve.
Derrière lui : le
cirque de Cotatuero
.

Encore le cirque de Cotatuero, surplombé par un petit (enfin, comme ça il paraît petit) sommet pointu qui s'appelle el Casco. Juste à sa gauche, on voit une faille dans la montagne : c'est la Brèche de Roland.

Je crois que j'ai déjà raconté l'histoire mais c'est pas grave j'aime radoter.

La légende raconte que Roland (le neveu de Charlemagne) avait perdu une bataille à Roncevaux. En s'enfuyant, pour échapper aux Sarrasins (pas à la farine), il se retrouva face à massif infranchissable : celui du Monte Perdido. Voyant son heure arriver et préférant mourir que laisser son épée Durandal aux mains de l'ennemi, il voulut alors la détruire en la frappant d'un grand coup contre la roche. Mais c'est alors que la lame resta intacte, et fit éclater la roche, créant ainsi une impressionnante faille.

La brèche de Roland est un des paysages les plus impressionnants et emblématiques des Pyrénées : on dirait pas de loin, mais elle fait quand même 40m de large et 100m de haut !!! Je crois que c'est assez facile d'y aller en été, si ça vous tente un jour, je pense que ça vaut la peine. C'est aussi un des uniques passages naturels et accessibles entre la France et l'Espagne, c'est pour ça qu'elle a été très fréquentée par les contrebandiers pour faire passer de la marchandise.

On la voit un peu mieux ici, et là on se dit que l'épée Durandal ça devait pas être une épée de kékés...

L'effort valait vraiment le coup car, en plus de ce premier aperçu de la vallée d'Ordesa, 3 autres belles récompenses nous attendaient :
  • Une extraordinaire magnifique splendide impressionnante vue sur toute la vallée et ce jusqu'à la cascade (c'est-à-dire durant ces satanés 9km) !
  • Tout le reste de la rando, aller-retour EN DESCENTE (du coup, les 18 bornes passent quand même plus facilement) !!!!!!!
  • Une promenade en bouuuuuuuuuuuuuucle car je sais pas si c'est génétique, ou si c'est un caractère spécialement féminin, ou si c'est typique des gens de l'Ouest, mais en tout cas ce que je sais c'est que je déteste revenir par le même chemin...
Je n'ai pas l'intention de vous prendre la tête avec mes descriptions à 2 balles, surtout que je serai obligée de répêter toutes les 2 secondes les mots "splendide", "fantastique", "impressionnant", "magnifique", "énorme", "magique", etc. Donc imprégnez-vous de ce vocabulaire et admirez par vous-même les photos qui suivent, ça vaut la peine.

Le sentier suivait vraiment la corniche... A mon avis, en hiver, si ça glisse... ça craint !

La vallée vue d'en haut

Le sommet pointu au fond : el Gallinero (le poulailler, pauvres poulettes elles doivent se les peler).
Et juste derrière moi... LE VIDE !!!!!!!!!!!!
"Vas y Carole, recule un petit peu j'arrive pas à t'avoir en entier, encore un peu, encore..."

Belle vue de la vallée d'Ordesa que l'on laisse derrière nous.
On a marché tout le long de la corniche qui est sur la gauche.

Et voilà le cirque de Soaso, avec la Cola de Caballo tout au fond : objectif atteint !
On mange, petite sieste dans l'herbe et c'est reparti, faut rentrer avant la nuit.

Une jolie photo prise sur le chemin du retour. Il faisait froid et c'est interdit de se baigner, sinon...


Une heure avant on était tout là-haut ! Pas mal quand même non ?!
Dommage que les couleurs des arbres ne rendent pas si bien en photo que dans la réalité, car c'était superbe.



Voilà l'itinéraire que nous avons suivi. En rouge, la super montée du début, en vert toute la partie qui longeait le vide, et on a commencé à redescendre dans la vallée là où j'ai mis du jaune (sinon je crois qu'on n'aurait pas réussi à rentrer à Saragosse ce soir là...), jusqu'à la Cola de Caballo, puis nous avons suivi le bleu pour revenir à notre point de départ.

En bref, une petite conclusion de cette superbe journée :

Pour faire partir une bonne gueule de bois, rien de tel qu'une belle balade à Ordesa.

(Ou ailleurs, mais c'était pour la rime et pour pas répêter le mot bois.)

Allez, bisous les loulous !

PS : Coco et Chloé, vous avez vu nous aussi on peut se la péter avec nos supers photos, pas besoin d'aller jusqu'au Canada pour frimer !

Par Carole
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Lundi 26 octobre 2009
En Espagne, toute excuse est bonne pour faire un peu la bringue. La vierge du Pilar en est une, notamment à Saragosse.

Au risque de paraître répétitive pour ceux qui connaissent déjà l'histoire, je vous mets au courant :

L'apôtre Jacques serait apparemment venu en Espagne (alors appelée péninsule Ibérique) le 12 octobre de l'an 40, pour évangéliser ce territoire. Il se serait pris un gros vent de la part des espagnols, et serait alors parti pleurnicher au bord de l'Ebre (le fleuve qui passe à Saragosse).
Et là, tadam, la Vierge Marie serait apparue -en chair et en os alors qu'elle était sensée être à Jerusalem en ce moment, je ne sais pas comment elle a fait- sur une colonne de marbre, pour encourager l'apôtre à poursuivre son travail d'évangélisation et en lui promettant que la foi ne ferait jamais défaut en Espagne.
Jacques aurait alors construit une chapelle bâtie autour de cette colonne de marbre, qui a depuis été bien agrandie puisqu'on trouve aujourd'hui, à ce même endroit, l'impressionnante Basilique de Notre-Dame du Pilar.


Merci Wikipédia, pour plus d'infos rendez-vous ici.

Bien évidemment, cet événement représente beaucoup pour tous les espagnols, et le 12 octobre est aujourd'hui férié dans toute l'Espagne. Mais à Saragosse, LE lieu important de cette histoire, on célèbre cette apparition pendant environ une semaine, à l'occasion des Fêtes du Pilar.

Bon, vous imaginez bien qu'aujourd'hui le côté religieux (qui est quand même à l'origine de tout ça), n'est plus tellement mis en valeur, et que la plupart des personnes profitent surtout de cette semaine pour faire la fiesta jour et nuit. Un peu (beaucoup ?) d'hypocrisie, mais... on ne va pas non plus totalement cracher dessus.


De notre côté, nous avons commencé par célébrer ces fêtes en nous rendant avec des amis à l'Oktoberfest, la célèbre fête de la bière de Munich. Je vous rassure, nous ne sommes pas allés en Allemagne passer la soirée : une délégation allemande vient à Saragosse pendant une dizaine de jours, deux chapiteaux énormes sont montés, et tous les jours de 20h à 5h, c'est saucisses, patates, cochon et surtout bière pour tout le monde (vendue au litre bien entendu), avec pour musique d'ambiance d'agréables tonalités bavaroises...


Inutile de préciser qu'après 2 ou 3 passages au bar personne n'est plus très présentable, c'est pourquoi je vous demanderai de vous contenter de cette unique photo, merci d'avance pour votre compréhension...


La semaine s'est poursuivie tranquillement, avec beaucoup de promenades dans les rues de Saragosse. On a la chance d'avoir du beau temps (presque) toute l'année ici, et même si tous les ans, au milieu du Pilar , le mercure fait une chute vertigineuse, le soleil reste présent.
Du coup, les gens profitent de ces jours fériés pour sortir dans la rue, manger dehors, flaner à gauche et à droite, chiner dans les marchés d'artisanat ou de gastronomie locale... et l'ambiance est très agréable. D'autant plus que tout le centre ville est entièrement piétonnier pendant ces quelques jours... c'est plus sympa de pouvoir se balader sans respirer les gaz d'échappement.

Les drapeaux aragonnais sont de sortie

La rue Alfonso I, qui descend à la place du Pilar :
attention à ne pas se faire marcher sur les pieds !


On en a aussi profité pour aller voir quelques concerts (gratos bien sur) sur la place du Pilar qui était blindée. Au fait, merci Javi pour celui de Jarabe de Palo dans la zone VIP c'était super class


Enfin, "rendons à César ce qui est à César", ou plutôt "rendons aux Fêtes du Pilar ce qui fait les fêtes du Pilar" : le lundi 12 octobre, les gens viennent de toute l'Espagne, vêtus de costumes traditionnels, pour offrir des fleurs à la Vierge du Pilar. Une grosse structure métallique est montée devant la Basilique et, dès 7h, on commence à empiler les centaines et centaines de bouquets de toutes les couleurs.
Même si je n'ai pas eu le courage de me lever tôt pour contribuer à l'élaboration de cette gigantesque pyramide de fleurs, je suis quand même allée faire un tour pour admirer l'offrande, et vous allez pouvoir en profiter :

 

(Désolée pour la qualité, le fichier d'origine est 100x mieux je sais pas pourquoi ça devient si minable, si vous le voulez en mieux demandez-la moi)


Pour terminer cet article, je tiens à vous conseiller de venir à Saragosse autour du 12 octobre, si vous en avez un jour l'occasion. Même si le prétexte de ces fêtes n'a plus autant d'importance qu'avant, on sent toujours une ambiance particulière dans les rues de la ville, et le voyage vaut le détour. Comme ils disent ici :

¡Viva la virgen del Pilar! ¡Viva Zaragoza!


Par Carole
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Dimanche 11 octobre 2009
Ça y est !

Après lui avoir rendu visite (d'en bas) il y a déjà 3 ans, être retournée le voir à la fonte des neiges il y a 1 an 1/2 (le jour ou mon cher père avait tenté de tuer Dieguito en lui balançant une boule de neige en pleine face, il a toujours dit qu'il avait pas fait exprès mais ON A NOS DOUTES mais ceci n'est pas le sujet du jour), et m'être entraînée tout l'été...

JE SUIS ARRIVÉE EN HAUT DU MONCAYO !

En quelques mots, le Moncayo c'est :
  • Une marque de camping cars (fabriqués par ici d'ailleurs)
  • Le point culminant du Système Ibérique (une chaîne de montagnes qui traverse l'Espagne du Nord-Ouest au Sud-Ouest, sur 500km, plus ou moins le long de l'Ebre)
  • 2 314,30 m d'altitude
  • Une montagne qu'on peut voir depuis Saragosse les jours de très beau temps
Bon, ci-dessous, une photo du Moncayo... en hiver !
J'étais tellement à fond dedans que j'ai oublié d'en prendre une le jour de la promenade
La cime : le point culminant à droite de la photo

Départ matinal à 8h, route déserte, beau temps, pique-nique dans le sac à dos... on est prêts. Vu qu'on est tout sauf des kékés, au lieu de démarrer l'ascension comme tout le monde au restaurant qui est au bout du chemin, on se gare 300m plus bas et on grimpe tout ça à pied (ça m'a pas tellement fait rire sur le coup, mais finalement ce n'était pas si terrible).

Première partie de la balade dans un bois, pas mal de monde, vu qu'on a commencé plus bas que les autres on est moins frais (ou plutôt JE suis moins fraîche), donc on se fait doubler par plein de monde.

A la sortie du bois, on arrive au pied du cirque de San Miguel, situé juste en dessous de la cime. Là, les choses sérieuses commencent. La montée du cirque est assez raide, mais cette fois-ci, vu qu'on a commencé plus bas que les autres, on a bien pris le rythme, donc on double tous ceux qui nous étaient passés devant 20 minutes plus tôt !

En bas du cirque


Arrivés en haut du cirque nous sommes presque au sommet. Il reste à longer la crête, continuer à monter un tout petit peu et ça y est : on a torché en 2h les 1000m de dénivelé qui nous séparent de la voiture !

Les stars au sommet

Petite pause pique-nique au sommet (une balade sans pique-nique n'est pas une balade), on a la chance exceptionnelle d'avoir une vue très dégagée à 360º et surtout de pouvoir rester sans bouger sans se congeler. En effet, le Moncayo est réputé pour être caché dans les nuages et où le vent souffle très fort. Ce jour là ce n'était pas le cas, normal, j'étais là.

Après une bonne 1/2h de détente on prend le chemin du retour, on commence à redescendre, on croise tous ceux qu'on avait doublés à l'aller (on les a vraiment explosés) et hop hop hop en 1h30 on est dans la voiture en route pour Saragosse. Si ça c'est pas du sport ?!!

Par Carole
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