Mise en jambe près d'Aínsa
La première rando, à l'ibón "Basa de la mora" (vallée de Gistaín), m'a permis de me mettre en jambes et de me défoncer les pieds par la même occasion.
Pour m'amadouer, Diego m'avait dit que c'était une petite balade pas longue, donc j'avais mis des petites baskets. Je suis rentrée avec les mêmes baskets, mais sans pieds. Enfin si, il en restait des morceaux mais l'arrière du talon était sérieusement endommagé, ainsi que mes orteils. Mes fesses aussi avaient bien souffert (environ 5 chutes en moins d'une heure pendant la descente), mais bon là j'ai de quoi amortir donc ça ne faisait pas aussi mal.
Finalement, Diego m'a avoué qu'on avait grimpé 860m. Faute avouée est à moitié pardonnée m'enfin... moi qui pensait partir pour un petit dénivelé de 300m, avec mes ptites baskets qui glissent à mort et font plein d'ampoules, j'avais quand même l'air fin.
Mais bon, c'est pas grave, c'était une jolie promenade : un village bien mignon au départ, une grande partie de la balade dans les bois, une superbe vue à la fin, et tout ça vraiment tranquille pépère (et ouais je deviens une championne) : ça vaut le coup. Par contre je n'ai pas de photos car on avait oublié l'appareil :D
Pour détendre les guiboles le lendemain (et aussi parce que je n'arrivais pas à marcher à cause de ces satanées ampoules), nous avons enfourché nos bécanes. Bah ouais, on les a trimballées alors autant les utiliser... Petite balade tranquille, bord de rivière, des cailloux, des trous, de l'herbe... trop fun dans les descentes, mais pas dans les montées. Mais bon ça aussi ça viendra.
Etant toujours bien handicapée pour mettre un pied devant l'autre avec des chaussures fermées, on a ensuite décidé de réserver ce qu'il me restait de surface de contact avec le sol en prévision de la suite des vacances. Du coup, le reste de notre séjour à Aínsa s'est avéré bien tranquillou : visite des villages de la vallée de Gistaín (très jolis), baignade, sieste et apéro. Avec tout ça, impossible d'arriver fatiguée à Benasque !
Passons aux choses sérieuses
Là, tout de suite, je rigolais beaucoup moins. Après l'installation du camp de base nº2 au camping La Borda d'Arnaldet près de Benasque, on est directement passés au planning sportif des jours à venir. Et là, je peux vous dire que ça déconne pas. C'est pas du programme de kéké comme on dit chez nous !
Premier jour : raid vélo
Entre 11h et 16h, col de catégorie 14. Le top du top. Surtout en plein milieu de la journée. Même Richard Virenque aurait abandonné. ET BEN PAS NOUS ! Entre la bretonne et l'aragonnais je sais toujours pas lequel est le plus tétu, mais y a du niveau, ça c'est sûr.
On était partis en se fiant des indications du guide : difficulté moyenne, 20km, environ 2h.
En rentrant, on a foutu le guide à la poubelle en lui criant "tu nous aurais menti ?!"
Récit de l'aventure...
Les 5 premiers kilomètres ont été funs, en descente, sur un petit chemin escarpé, bref, de quoi rigoler. Et à partir de là ça s'est sérieusement corsé. On s'est retrouvés à grimper à un village, en prenant 500m d'altitude en 3km. Vu notre entrainement ça nous a pris environ 2h. Bonne moyenne. Faut dire que je m'arrétais tous les 50m pour reprendre mon souffle, qu'il faisait un cagniard d'enfer et que le goudron me chauffait la tronche. Mais NOUS SOMMES TETUS et nous avons réussi à terminer. Forcément il ne restait plus beaucoup d'eau une fois en haut. La bonne nouvelle c'est que le p***** de guide disait : "une fois au village de Chia (il porte bien son nom car on en a drôlement chié), on amorce une descente d'une dizaine de kilomètres". Sauf que la descente n'a commencé qu'après 5km de montée après le village. Alors là c'était l'horreur. J'ai balancé mon vélo 2 ou 3 fois, fini toute la bouffe (pas grand chose) qu'on avait, mais encore une fois J'Y SUIS ARRIVEE. AAAAAAAAAAAAAAAAAH la libération. Le retour jusqu'à la route : de la super descente dans les bois. Là c'est Diego qui a souffert (pour ne pas dire "il en chia" hohoho) car son frein arrière ne marchait pas. Mais chacun son tour. On arrive en bas, et là, fallait rentrer au camping... Les 2 derniers kilomètres de la mort : encore à monter. C'en était trop. J'ai fini à pieds, je suis arrivée à la tente, j'ai balancé mon vélo (le pauvre) et je n'y ai plus touché. Mais j'étais quand même fière de moi.
Bien évidemment, pas de photos, pas eu le temps, mais de toute façon je crois que ce jour là on avait vraiment une sale tronche.
A pied c'est mieux
Le lendemain, convaincus qu'en montagne c'est plus facile de marcher que de pédaler, nous sommes partis grimper jusqu'à un lac de haute montagne ("ibón") qui s'appelle je ne sais pas comment. Et tout ça en bonne compagnie : Toño, Sandrine et Hadji (un copain de Sandrine) nous avaient rejoints. Vu l'entraînement de la veille ça s'est fait tout seul.
Le sourire, même après 2h de marche
Mon premier "3000"
Ça y est, je l'ai fait. OUF !
Estimant ma condition physique suffisante pour affronter les difficultés de la haute montagne (bon d'accord j'exagère), mon sherpa particulier m'a motivée pour aller grimper le pic d'Aragüells (3037m). Notre acolyte Pedro s'est joint aux réjouissances, malgré sa réticence : je crois qu'il n'était pas tellement convaincu de mes capacités, encore plus réduites que d'habitude étant donné l'état de mes pieds (non ça ne s'arrangeait pas). On voit bien qu'il ne savait pas de qui il parlait là...
Alors ce pic est situé en fait tout près de l'Aneto (400m plus bas quoi !). Le problème c'est que le "chemin" qui permet d'y grimper est accessible après une première petite montée de... 8km. Du coup il y a un bus tout terrain qui emmène les randonneurs de la vallée jusqu'au départ de l'excursion. Heureusement que c'est un bus tout terrain, heureusement que le chauffeur est doué, malheureusement la piste est étroite, malheureusement la chute de 400m dans le vide à 20cm du bord de la piste fait peur, malheureusement pour réussir à le prendre il faut se lever à 6h... Je ne sais pas comment j'ai survécu pendant ces 40 minutes de voyage (et aussi au réveil à 6h). Je crois que ça a été le plus dur de la journée. J'avais fait la maline, du genre : "oh je peux me mettre près de la fenêtre ça va être trop bien"... Résultat j'étais surtout morte de trouille. Rien qu'à y repenser j'en ai des frissons. Bref, j'ai quand même réussi à arriver en haut entière, sans vomir le ptit dej... L'ascension pouvait commencer.
La première partie de l'excursion suit une petite piste, qui rapidement s'aventure dans les bois. Là, le sentier, faut le chercher. En fait il n'y en a plus. Puis on sort du bois, et on commence à grimper sur des gros cailloux, en longeant une cascade qui descend d'un ibón.
Arrivée au premier ibón (on le voit pas, il est derrière nous en fait, là où il y a le gros rocher à gauche), après 1/2h de marche, et en pleine forme (admirez
ces jambes de montagnarde...) !
On continue ensuite a grimper, toujours dans des cailloux (voire même des rochers), jusqu'à arriver 1h plus tard à un autre ibón, situé juste en bas de l'Aneto.
Petite pause ravitaillement, au soleil, devant un superbe lac : que demande le peuple ? Il y avait même une tente montée au bord de l'ibón, 2 personnes avaient dormi là, imaginez le paysage au réveil !
De cet ibón, on voyait ENFIN l'objectif du jour : l'Aragüells. Ça motive de voir où on va... Ou pas ! Parce qu'il était quand même sacrément loin le p'tit c** !
L'Aragüells : le truc haut et pointu derrière moi...
Bon, et bien maintenant qu'on sait où aller, Y A PLUS QU'À ! Seulement, si depuis la sortie du bois on avait grimpés sur des rochers et des cailloux, on voyait encore un peu d'herbe... Et ben là, c'est fini ! Des cailloux, des cailloux, et des cailloux. C'est quand même moins confortable.
Pause suivante : après 45 bonnes minutes de marche dans un espèce de torrent à sec, on arrive vraiment au pied de la cime, à un petit col qui surplombe d'un côté ce que l'on vient de grimper, et de l'autre, un des plus grands lacs des Pyrénées : el ibón de Cregüeña. La vue est impressionnante.
Avant d'arriver au col :
Imaginez la taille du lac... car on était quand même drôlement au-dessus
Photo prise de l'autre côté, le lac qu'on voit en bas c'est celui de la pause ravitaillement.
Une fois en haut, on se rend compte qu'on a quand même bien grimpé !
Bon, là, ça y est presque. Il ne reste plus que la dernière ligne droite. Ou plutôt, la dernière montée droite. Car là, ça grimpe sec. C'est même plus de la marche, c'est presque de l'escalade. Moi qui suis une grande pro de ce sport, je ne vous raconte pas le bordel pour arriver en haut.
Mais bon, l'essentiel c'est que j'y suis arrivée ! On s'en fiche comment non ?!
Cregüeña vu du sommet
L'Aneto en arrière-plan
Les sherpas du jour
Une fois en haut, qu'est-ce qu'il reste à faire... DESCENDRE !!!!!!!!!!!!! Et là je dis...
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHH !!!!!!!!!!!!!!!!
L'horreur totale. Entre la descente du sommet archi raide, puis les cailloux, les cailloux et les cailloux... J'EN AVAIS MARRE !!! Mais bon, j'ai quand même réussi à arriver en bas. Après 6h de marche aller-retour, on a récupéré le bus tout terrain (cette fois je ne me suis pas mise à côté de la fenêtre...), récupéré la voiture et le meilleur moment de la journée est arrivé :
Super journée, super rando, super compagnie mais bon... après ça, j'ai quand même rangé les chaussures de rando au fond du coffre jusqu'à la fin des vacs. Trop de sport tue le sport.
Après ça, direction la France pour 1 mois !
Alors je vous dis... à bientôt pour de nouvelles aventures, tchuss
