Mercredi 10 septembre 2008
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15:34
Le 22 juillet 2008 fut un grand jour (en plus de l'anniversaire de mon papounet) : c'est là que j'ai terminé mon stage !!!!! En me mettant un bon coup de speed le weekend précédent, j'ai réussi Ã
finir tout mon boulot et de cette façon pouvoir partir en vacances plus tôt que prévu, l'esprit tranquille.
Mettons nous donc en situation : nous sommes le mercredi 23 juillet, et 1 mois 1/2 de glande nous tend les bras : le bonheur total. Destination finale des vacs : La Villa des Champs à St Brev' Beach. Comme nous avons largement le temps, nous décidons de monter tranquillement
vers le grand Ouest en faisant des pauses touristiques sur la route.
Pour satisfaire toutes les envies (c'est à dire un peu de montagne et un peu de plage), nous nous dirigeons donc dans un premier temps vers la vallée de Benasque (prononcer "Bénasqué"). Diego est aux anges, car il me répête depuis plus d'un an
que c'est la plus belle zone des Pyrénées, et qu'il faut qu'il m'emmène, et qu'il connaît un super camping là -bas, et que... bref, je le crois et C'EST PARTIIIIIIIIIIIIII
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Où c'est-qu'c'est donc ?
Alors, Benasque c'est dans les Pyrénées aragonnaises, tout à l'est de la région, c'est-à -dire tout près de la frontière entre l'Aragon et la
Catalogne. Depuis Saragosse ça fait un petit bout de chemin : presque 3h de route, mais avec des passages supers jolis, dans des gorges impressionnantes, sur une route pas beaucoup plus large que
la voiture (heureusement que je ne conduisais pas car on n'y serait jamais arrivés !!!). Malheureusement, pour pouvoir accéder à cette magnifique vallée depuis la France, il faut faire un bon
détour soit par Bielsa à l'Ouest, soit par Vielha à l'Est, car il n'y a aucun accès direct (enfin si, mais
pour les marcheurs !). Pour vous situer un peu, si on veut Benasque c'est le Luchon espagnol (au niveau de la situation géographique au
moins).
Là où il y a le "B" c'est
Benasque...
Que dire de plus ? C'est dans cette vallée que se trouvent les deux plus hauts pics des Pyrénées : l'Aneto (3404 m) et le Posets (3375 m), ainsi que de nombreux "3000" :
le Perdiguero (3222 m), la Maladeta (3308 m), le Maldito (3 350 m), l'Espadas (3332 m). La vallée est assez profonde, on est donc très rapidement entouré de tous ces monstres de la nature...
Pas besoin de vous faire de dessin : c'est très impressionnant. Vraiment différent des autres vallées que j'avais pu visiter jusqu'à présent, beaucoup plus spectaculaire.
Nous avons établi notre camp de base au camping de
La Borda d'Arnaldet, 10 km avant le village de Benasque. Entre les montagnes, avec une petite piscine, un bar sympa et un excellent resto
: que demander de plus ? On avait même des supers voisins (enfin UNE super voisine surtout), qui devait être payée par le camping pour assurer le divertissement des campeurs : elle passait ses
après-midi à faire du taï-chi juste à côté de nous, avec son sabre ou son éventail et en faisant des bruits bizarres !!!! Et le soir, après l'apéro, elle se mettait en tenue de grande montagnarde
pour aller promener son yorkshire dans les allées du camping !! Y en a qui en tiennent une couche, vraiment...
L'équipement des pros : chambre, salon - salle à manger de plein air (avec de la vaisselle en porcelaine de Chine... heu, du chinois de la rue !!), et
arrière-cuisine.
Et oui, j'ai fait l'acquisition de la "Base" de Decath' (la tente verte) et c'est vraiment super. Montage en 2 minutes chrono, démontage idem, montre en main
!
Première balade
Vu ma condition physique, la première sortie avait tout intérêt à être plutôt soft... Sinon on m'aurait retrouvée morte asphyxiée au milieu de la première grimpette !! Mon guide perso m'emmène
donc en ce premier jeudi de vacances faire une petite promenade au Forau d'Aigualluts et à l'Ibón del Coll del Toro.
Du départ de la balade jusqu'au Forau, nous avons eu la chance de nous faire accompagner par un groupe de ravissantes créatures.
La peau bronzée, l'oeil vif,
les cheveux brillants, un pas rapide et léger... Quel moment d'émotion on a passé (surtout Diego, c'était vraiment son style de nana) ! Elles étaient tellement belles que parfois je
me sentais mal et me demandais ce que je faisais là -bas, perdue entre toutes ces naïades. Jusqu'à ce que je réalise qu'en fait, elles et moi on était vraiment très proches.
Je parlais bien sûr de mes amies...
...les vaches !!!
Un troupeau énorme paissait dans la prairie traversée par presque tous les sentiers du coin. On aurait pu en faire du camembert avec tout ce lait, dame bon diou ! Malgré mes origines un peu
campagnardes (j'ai pas habité pendant 17 ans 1/2 à Besné-les-bouses pour rien non mais), au départ je ne faisais pas la fière. Mais bon, à force de marcher à côté d'elle j'ai compris qu'elles
n'allaient pas me faire de mal, et que j'avais au moins un avantage sur elles : je courais sûrement plus vite (je ne peux pas me vanter souvent de ça donc j'en profite !!). En plus, avec leur
cloche on est prévenus si jamais une furieuse veut nous charger, donc aucun danger !
Le Forau d'Aigualluts, c'est un gouffre situé à environ 2000 m d'altitude, dans lequel se jette l'eau qui descend du glacier de l'Aneto. Elle s'enfonce donc dans la terre, et ressort quelques
kilomètres plus à l'Est, en Catalogne, dans le Val d'Aran, sous le joli nom de... Garonna ! D'ici, cette rivière avance vers la France,
traverse la frontière, et continue son chemin jusqu'à l'Atlantique. Alors, conclusions ?! Le Forau d'Aigualluts, c'est en fait la source de la
Garonne ! Et les aragonnais sont bien en colère : en effet, si la rivière prend sa source en Aragon, en aucun endroit elle ne passe dans la région de manière apparente ! Un petit
bout en Catalogne, et tout le reste chez nous !!!
Premier plan : Diego
Second plan : la cascade qui descend du glacier jusqu'au gouffre,
c'est à dire... les premières gouttes de la Garonne
Troisième plan : à droite, en haut, l'Aneto
Après avoir dépassé le Forau, nous continuons notre petite excursion en direction de l'ibón.
Un ibón, c'est un lac de haute montagne (je crois que
j'avais déjà expliqué ça une fois mais bon, un rappel ne fait pas de mal). Pour y accéder, on monte vraiment tout doucement pendant toute le chemin, avant de finir par une petite grimpette mais
vraiment rien de méchant. Ceci dit, largement suffisant pour se remettre à marcher, car les 2 derniers mois ne m'avaient pas spécialement permis de travailler ma forme !!!
L'ibón est au pied de deux petits pics (qui nous cachent tout le soleil !!), et le chemin parcouru en valait la peine. Ces lacs sont toujours d'une tranquillité à m'en couper le souffle, et j'y
resterai volontiers quelques heures à "méditer" (traduire par "dormir, pique-niquer, faire la sieste, bouquiner, prendre le goûter...").
En plus de l'ibón, qui est déjà une belle récompense, on a la chance d'avoir des vues spectaculaires. Derrière nous, l'Aneto et ses potes surplombent la vallée.
Courageux comme on est, on a poussé jusqu'à l'autre côté de l'ibón (ça parait tout proche comme ça, mais ce ne sont pas moins de 20 minutes à marcher sur des gros cailloux pas très stables !!),
et avons ainsi pu profiter d'un joli panorama sur le Val d'Aran, en contrebas.
En résumé, une très jolie promenade, idéale pour commencer ces vacances tranquillement et préparer la suite des festivités.
Ils ont décidé de nous pourrir nos vacances, qu'à cela ne tienne, on leur détruira les jambes !
Je parle de
Toño et Sandrine, un couple de copains, une bretonne et un aragonnais comme nous !
J'avais connu Toño à l'atelier de clowns que je faisais à Saragosse il y a 2 ans, et on s'est retrouvés un peu par hasard pour jouer au tennis au printemps dernier ! Les parties de tennis
n'ayant pas été excellentes (pourtant je comprends pas, je joue vraiment trop bien !), on a trouvé un autre terrain d'entente, et à 4 en plus : bonnes bouffes, terrasses de bars et rigolade !
On leur avait proposé de monter nous rejoindre pendant leur weekend, alors bien entendu ils sont venus, qui aurait refusé ?!
C'est comme ça que le samedi matin nous partions tous les 4 dans la Berlingo arago-bretonne en direction du
SalvaguardÃa (le pic de
Sauvegarde, en français).
Du haut de ses
2738 m (oui oui) il nous regarde d'un oeil arrogant. Et nous, on se dit que c'est rien du tout 1000 m de dénivelé ! Hum
hum... On commence tranquillement en traversant une grande prairie qui nous amène au pied de la montagne. Et c'est parti. Ouh la, ça grimpe dur en fait !!! Diego gambade comme un cabri, Toño le
suit plutôt allègrement, pendant que Sandrine et moi crachons nos poumons et faisons une pause tous les 10 m (excuse adoptée : y a une jolie photo à prendre) !!!
Allez vas-y Sandrine tu peux le
faire
Les iris nous ont accompagnés (c'est toujours mieux que les vaches) tout le long du chemin.
Photo sans aucun doute prise comme prétexte à une pause "récupérage de souffle"...
Bienvenue Ã
KékéLand
Après quelques centaines de mètres (de marche, pas de dénivelé... parce que sinon ça fait un sacré bout de chemin quand même), je prends le rythme et plus rien ni personne n'aura pu
m'arrêter dans mon élan ! J'avoue que ce jour là je me suis bien surprise. C'est ça que j'aime bien à la montagne, chaque fois que j'y vais j'ai l'impression de grimper avec plus de
facilité, et que je me sens de mieux en mieux. La sensation d'être en train d'aller au bout de moi même disparaît au fur et à mesure des randonnées, alors que la difficulté de celles-ci
augmente. Donc c'est bon signe ! Et surtout, bien que ce soient des efforts durs et longs, ils sont toujours récompensés par des vues plus impressionnantes les unes que les autres et par le
sentiment de pouvoir être fier de soi.
Arrivés aux 3/4 du chemin, nous faisons une petite halte au
Portillón : une brêche dans la montagne, et voilà : un pied en France, l'autre en Espagne
! Un peu plus bas, du côté français, un ibón qu'on peut deviner à travers les nuages...
On reprend des forces, et c'est reparti pour la dernière ligne droite. Sandrine a failli nous abandonner, mais on l'a convaincue qu'il ne restait presque rien. Bon, en fait, c'était le plus
dur et il restait quand même un petit bout de chemin ! Mais ça valait le coup, n'est-ce-pas ?? Rien que pour se dire "Oui ! J'ai réussi !", et profiter de la vue...
Miss et Mister Salvaguardia
Vous remarquez que je ne suis même pas rouge, eh !! (Normal, on vient de pique-niquer...)
Le groupe de la mort qui tue, sur la cime du bonheur (que c'est mignon)...
Petite remarque, à titre informatif. Si tu es perdu en haut de la montagne, pour savoir quel pays est de quel côté, c'est facile. Exemple, sur la photo : à droite la France, à gauche
l'Espagne. Comment j'ai fait ?? Ben à droite je vois rien du tout, c'est plein de nuages... Me demandez pas pourquoi ils n'arrivent pas à passer la montagne, c'est un mystère pour moi
aussi.
Vue sur Bagnères de
Luchon...
Après ça, c'est pas tout mais faut redescendre ! Je flippe un peu, car en haut on a rencontré un groupe de mecs venus poser une plaque sur la cime pour
leur ami qui s'est tué en redescendant ce pic l'hiver dernier... Mais bon, c'était en hiver, donc il y avait de la neige, donc c'était beaucoup plus dangereux. Ceci dit, je
vais quand même prendre mes précautions ! On descend donc tranquillement (mais même tranquillement ça va beaucoup plus vite que la montée...), en pensant à la piscine, la p'tite bière bien fraîche et le bon resto qui
nous attendent au camping !
On prend les mêmes et on
recommence, tout en bas cette fois
Le lendemain matin, pour décrasser les troupes, on descend 1 km avant le camping faire un peu de tennis, bouquiner et boire un coup. Commentaire : j'ai mieux joué que d'habitude (c'est sûrement
grâce à la raquette), mais ceci dit, je ne referai jamais une partie de tennis en Espagne, en été, à midi, sur un cours en plein soleil !!!
IL FAISAIT
CHAUUUUUUUUUUD !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Résultat, j'ai terminé assise dans l'herbe à bouquiner parce que je sentais que j'entrais petit à petit en phase de déshydratation...
Résumé du weekend : une super rando, des bons délires, un dîner "que te cagas" au resto du camping (vraiment très très très bon), bref,
que du bonheur !
Pour finir en beauté
Après le départ de Sandrine et Toño le dimanche soir, Diego me concocte une bonne petite excursion pour le lendemain, afin de terminer cette étape pyrénaïque au sommet de la gloire. Il a
bien fait son coup, le p'tit c** !!! Lundi matin, 9h, nous voilà déjà partis sur le chemin des ibones (ibones = pluriel de ibón...) de Batisielles. Sur la carte, ça paraissait facile. En vrai,
et ben heu... ÇA GRIMPE ET C'EST LONG !! Mais le jeu en vaut la chandelle. La première partie de la promenade se fait sur une piste de 4x4, en longeant une très jolie rivière.
La classe quand même, un guide
aussi beau que celui-là , rien que pour moi !!
Je me serai contentée de ça car c'était mignon comme tout, et même pas fatigant. Mais bon, ma volonté de fer m'a obligé à continuer.
Après quelques kilomètres, on laisse la piste et la rivière et le sentier commence à grimper tout doucement dans un bois.
Tout doucement... pas tant que ça
finalement ! En fait ça grimpe assez dur, mais comme je suis super entraînée je ne m'en rends pas compte (hum hum), j'ai même dépassé quelqu'un. Ceci dit, heureusement que nous
sommes dans un bois, car ça nous permet de marcher à l'ombre des arbres, et de profiter de la fraîcheur et de l'humidité ambiantes. Si j'avais du faire la même chose en plein soleil... Je ne
serai pas là pour vous raconter tout ça ! Après 30 bonnes minutes de grimpette (au lieu de 1h15 comme indiqué sur le panneau, quand je vous disais que j'étais super entraînée), nous arrivons au
petit Ibón de Batisielles. Il est vraiment petit, mais ça fait un premier objectif atteint.
L'ibón c'est la flaque qui est
derrière nous
Après quelques photos, on reprend notre chemin et ça recommence à grimper. Cette fois, c'est beaucoup plus sec, il n'y a presque pas d'arbre, on marche entre les cailloux. Diego me dit
toutes les 5 minutes qu'il ne reste que 5 minutes à marcher, que c'est juste là derrière (il avait déjà fait la rando), mais au bout d'un moment je me rends compte que c'est un menteur car
ça fait 30 minutes qu'il ne reste que 5 minutes... Quelques mêtres avant la fin je n'en peux vraiment plus, j'ai chaud, ça monte, j'ai mal aux jambes... Allez, plus qu'un petit effort et tu
y es Carole !! Je prends mon courage à deux mains (enfin, plutôt à deux pieds en l'occurence), et j'y vais en serrant les dents. Effectivement j'étais tout près du but, je m'en serais
voulue de ne pas terminer ! L'ibón est impressionnant, très grand, il fait un temps splendide, encore des vues à couper le souffle... Je ne regrette pas d'avoir suivi le boss !
Diego au bord de l'ibón. La photo ne rend pas tellement compte de la taille du lac, mais il était vraiment grand. Coincé entre de hautes montagnes en
plus, ce qui rendait le paysage encore plus étonnant. Il a l'air un peu essouflé quand même le p'tit loup !
Là c'est moi (sans blague), après avoir grimpé un peu plus haut que l'ibón (qui est donc à gauche en bas). Derrière,
une partie de ce qu'on pouvait admirer depuis notre point de vue assez exceptionnel (je n'ai pas de supers photos de paysage donc vous vous contenterez de celle-ci).
J'ai les cheveux mouillés, mais ce n'est pas de la transpiration !!! Et non, il faisait beau, on avait chaud, il n'y avait personne, du coup on a piqué une tête dans le lac pour se rafraichir
et nous ouvrir l'appétit !!! L'eau était assez (très) froide mais ça faisait vraiment du bien après avoir monté tout ça !
Après tous ces efforts et réconforts, "y a plus qu'à " redescendre. Ça va très vite, et on
croise pas mal de monde, des gens un peu tarés qui commencent à grimper aux heures les plus chaudes de la journée. Pour une fois, je ne me regrette
pas de m'être levée tôt car ça commence à cogner dur sur la piste du retour !!
Une après-midi piscine au camping, suivie d'une petite terrasse à Benasque, et enfin un deuxième dîner au resto de la Borda (pour goûter ce qu'on n'avait pas pu tester le samedi soir,
pour cause d'estomac plein) concluent ce séjour d'une manière on ne peut plus agréable.
Après le spectacle quotidien de taï-chi de la voisine, on va se coucher tôt car le lendemain, on met les voiles direction le Limousin
!!! Suite des vacances au prochain article...
Gros bisous mes p'tits choux !