Voilà, après plus d'un an et demi à voir évoluer les travaux de l'Expo, à penser "qu'est ce qu'ils en font du bruit pour ce truc", puis "dis donc ça va être balaise", suivi de "ouah à 3 mois de l'inauguration c'est pas vraiment avancé les travaux", et enfin "ouh là ça craint ils n'auront jamais fini"... Nous voilà arrivés à moins de deux semaines de l'ouverture !
Et effectivement... ÇA CRAINT !!!
Bon, jusqu'à la semaine dernière les organisateurs arrivaient quand même à nous convaincre qu'il n'y aurait aucun souci, que tout serait terminé dans les temps. C'est vrai que ça a accéléré d'un coup :
Mais malgré tout, j'ai du mal à garder espoir. Car quand on voit l'enceinte de l'Expo, là où sont tous les pavillons, on a plus une sensation de gros bordel, pardonnez moi l'expression, qu'autre chose.
Et la goutte d'eau (c'est le cas de le dire) qui a fait déborder le vase c'est... LA CRUE DE L'EBRE !!!! Et là j'ai vraiment envie de me marrer. Certes, pour une exposition sur le thème de l'eau, l'idée de faire le parc au bord d'un fleuve est plus que logique. Mais à l'heure de monter le projet, et sachant que toutes les infrastructures seront là pour plus de temps que l'éphémère "Expo Zaragoza Dos Mil Ocho" (à prononcer avec le ton et la voix horripilants du mec de la radio), j'aimerais être sûre que tout le monde a tenu compte de possibles montées de l'eau. OK, c'est inhabituel à cette époque. Mais en hiver non, le fleuve est déjà monté assez haut quand même, et a eu plus d'une fois un tel débit...
Résultat : dans un premier temps, les travaux avaient pris une bonne semaine de retard à cause des premières grosses pluies. Mais bon "il n'y aura pas de problème, tout sera fini à temps" dixit l'organisation. Puis le mois de mai a tout chamboulé : les travaux du bord du fleuve ne peuvent être effectués (voilà pourquoi le parc en bas de chez nous n'est pas fini), le sous-sol de la plus grande tour de l'enceinte est inondé, les troncs d'arbre que prend l'eau sur son passage défoncent les rives aménagées... Bref : "c'est la caca c'est la cata c'est la catastrophe".
Une petite photo pour vous rendre compte de la situation (je cite ma source, comme tout bon journaliste : Heraldo de Aragón, mardi 3 juin 2008).
Sur la droite, les "gradins" pour le spectacle de plein air, dont la scène est... SUR LE FLEUVE !!! (Enfin, maintenant elle est presque dessous mais bon.) Pour vous faire une idée, environ les 2/3 des gradins sont sous l'eau... Comme me l'a dit une amie ce matin : "on voulait une expo SUR l'eau, pas SOUS l'eau !" (j'ai bien aimé le jeu de mots c'est pour ça).
Du coup, dans l'état actuel des choses, et sachant que la plus grosse crue est prévue pour demain (1900m3 / seconde), le spectacle d'inauguration (14 juin...) est en train d'être repensé car la scène "iceberg" (celle qui est sur le fleuve), ne pourra apparemment pas être utilisée...
Le plus ironique dans tout ça ? Il y a à peine un mois, était accepté le transvasement de l'Ebre pour approvisionner Barcelone, à cours d'eau. Au vu des pluies plus qu'abondantes, de la montée du niveau des eaux des barrages aragonnais à 95% de leur capacité, et en même temps des barrages catalans (encore une fois, inhabituel en ce mois de mai), et en conséquence, de la suppression de l'état d'urgence, ça a été annulé.
Fin avril : l'Espagne est à sec, "aurons-nous assez d'eau pour l'été ?", début juin : "Au secours, l'eau détruit tout sur son passage"... Je ne m'attarderais pas plus longtemps sur ce thème qui fait polémique ici, ou peut-être que si mais pas aujourd'hui.
En tout cas : bonne Expo à tous, et surtout une chose : n'oubliez pas vos bottes et cirés !