Non, rassurez-vous, je n'ai pas troqué ma craie et ma calculatrice pour un fusil et un pantalon camouflage, je n'ai pas déménagé dans le Bouchonnois et je ne chasse pas la galinette cendrée.
Mais ça ne m'a pas empêchée de suivre
le sentier des chasseurs (La senda de los cazadores), dans le parc national d'Ordesa dans les Pyrénées,
dimanche dernier.
On avait un mariage à Aínsa le samedi, du coup on avait prévu d'aller faire une petite balade le lendemain. Vu mon état au réveil à 9h le dimanche matin (oui oui, à 9h !!!), j'étais bizarrement
beaucoup moins motivée.
La tête qui tourne, les pieds qui ont du mal à suivre les ordres de mon cerveau (qui, d'ailleurs, n'avait plus beaucoup de neurones en fonctionnement), les marches de l'escalier qui bougent
toutes seules... toutes les conditions étaient réunies pour me faire rester au lit toute la journée.
Mais je suis en grande phase de transformation et je commence à apprécier le sport, alors j'ai pris mon courage à deux pieds et je suis montée dans la voiture en direction d'Ordesa.
Ordesa c'est l'équivalent espagnol du Parc National des Pyrénées. Le fameux Monte Perdido, le cañon de Añisclo, la vallée de Pineta entre autres, en font partie. Ça se situe juste de l'autre côté
de Gavarnie.
Alors là nous avons trois fammeux sommets
d'Ordesa :
A gauche : el Cilindro de
Marboré (3328 m)
Au milieu : el Monte Perdido (3355 m)
A droite : el Pico de Añisclo, aussi appelé Soum de
Ramond (3263 m)
C'est un parc national qui mérite bien son titre de noblesse : des paysages spectaculaires partout où on regarde. Et en automne en particulier, c'est intéressant de faire un petit détour pour
s'en approcher : il y a tellement d'arbres de toutes les couleurs qu'on se croirait... heu ben je sais pas où en fait, mais on s'y croirait.
Une des promenades les plus connues du parc d'Ordesa est celle de la Cola de Caballo : une balade de 9km aller et 9km retour (et oui, quand même), 600m de dénivelé en tout, le long d'une rivière,
jusqu'au fond de la vallée où on arrive à une grande cascade appelée la Cola de Caballo parce qu'elle ressemble à une queue
(cola) de
(de) cheval
(caballo), ils
sont pas allés chercher bien loin.
Vu qu'on connaissait tous les deux cette balade (et que, il faut le dire, elle est réservée aux promeneurs du dimanche et moi maintenant j'ai changé de catégorie quand même), nous avons pris une
autre option : même destination, mais par un autre chemin. Au lieu d'aller à la cascade par en bas, nous sommes passés par en haut.
Le gros changement c'est qu'au lieu de se cogner les 600m de grimpette au long des 9km (plutôt pépère comme truc), on se met dans les pattes 700m de montée dès le début sans avancer d'un seul
mètre. Résultat : 1h30 à grimper sans s'arrêter, et tout ça en parlant (je vous avais dit que j'avais changé de catégorie, avant quand je montais je soufflais comme une malade et je ne pouvais
pas aligner 2 mots...).
La belle surprise une fois arrivés en haut ? Je vous la montre dans les photos qui suivent...
Tout en bas, on voit le parking où on a laissé la
voiture...
Bobby, frais comme une rose même après l'effort surhumain
qu'on venait de faire. Ça m'énerve.
Derrière lui : le cirque de Cotatuero.
Encore le
cirque de Cotatuero, surplombé par un petit (enfin, comme ça il paraît petit) sommet pointu qui s'appelle el Casco. Juste à sa
gauche, on voit une faille dans la montagne : c'est la Brèche
de Roland.
Je crois que j'ai déjà raconté l'histoire mais c'est pas grave j'aime radoter.
La légende raconte que Roland (le neveu de Charlemagne) avait perdu une bataille à Roncevaux. En s'enfuyant, pour
échapper aux Sarrasins (pas à la farine), il se retrouva face à massif infranchissable : celui du Monte Perdido. Voyant son heure arriver et préférant mourir que laisser son épée Durandal aux
mains de l'ennemi, il voulut alors la détruire en la frappant d'un grand coup contre la roche. Mais c'est alors que la lame resta intacte, et fit éclater la roche, créant ainsi une
impressionnante faille.
La brèche de Roland est un des paysages les plus impressionnants et emblématiques des Pyrénées : on dirait pas de loin, mais elle fait
quand même 40m de large et 100m de haut !!! Je crois que c'est assez facile d'y aller en été, si ça vous tente un jour, je pense que ça vaut la peine. C'est aussi un des uniques passages
naturels et accessibles entre la France et l'Espagne, c'est pour ça qu'elle a été très fréquentée par les contrebandiers pour faire passer de la marchandise.
On la voit un peu mieux ici, et là on se dit que l'épée Durandal ça devait pas être une épée de kékés...
L'effort valait vraiment le coup car, en plus de ce premier aperçu de la vallée d'Ordesa, 3 autres belles récompenses nous attendaient :
- Une extraordinaire magnifique splendide impressionnante vue sur toute la vallée et ce jusqu'à la cascade (c'est-à-dire durant ces satanés 9km) !
- Tout le reste de la rando, aller-retour EN DESCENTE (du coup, les 18 bornes passent quand même plus facilement) !!!!!!!
- Une promenade en bouuuuuuuuuuuuuucle car je sais pas si c'est génétique, ou si c'est un caractère spécialement féminin, ou si c'est typique des gens de l'Ouest, mais en tout cas ce que je
sais c'est que je déteste revenir par le même chemin...
Je n'ai pas l'intention de vous prendre la tête avec mes descriptions à 2 balles, surtout que je serai obligée de répêter toutes les 2 secondes les mots "splendide", "fantastique",
"impressionnant", "magnifique", "énorme", "magique", etc. Donc imprégnez-vous de ce vocabulaire et admirez par vous-même les photos qui suivent, ça vaut la peine.
Le sentier suivait vraiment la corniche... A mon avis, en
hiver, si ça glisse... ça craint !
La vallée vue d'en haut
Le sommet pointu au fond : el Gallinero (le
poulailler, pauvres poulettes elles doivent se les peler).
Et juste derrière moi... LE VIDE !!!!!!!!!!!!
"Vas y Carole, recule un petit peu j'arrive pas à t'avoir en entier, encore un peu, encore..."
Belle vue de la vallée d'Ordesa que l'on laisse derrière
nous.
On a marché tout le long de la corniche qui est sur la gauche.
Et voilà le cirque de Soaso, avec la Cola de
Caballo tout au fond : objectif atteint !
On mange, petite sieste dans l'herbe et c'est reparti, faut rentrer avant la nuit.
Une jolie photo prise sur le chemin du retour. Il faisait
froid et c'est interdit de se baigner, sinon...
Une heure avant on était tout là-haut ! Pas mal quand
même non ?!
Dommage que les couleurs des arbres ne rendent pas si bien en photo que dans la réalité, car c'était superbe.
Voilà l'itinéraire que nous avons suivi. En rouge, la super montée du début, en vert toute la partie qui longeait le vide, et on a commencé à redescendre dans
la vallée là où j'ai mis du jaune (sinon je crois qu'on n'aurait pas réussi à rentrer à Saragosse ce soir là...), jusqu'à la Cola de Caballo, puis nous avons suivi le bleu pour revenir à notre
point de départ.
En bref, une petite conclusion de cette superbe journée :
Pour faire partir une bonne gueule de bois, rien de tel qu'une belle balade à Ordesa.
(Ou ailleurs, mais c'était pour la rime et pour pas répêter le mot bois.)
Coco et Chloé, vous avez vu nous aussi on peut se la péter avec nos supers photos, pas besoin d'aller jusqu'au Canada pour frimer !